Mis à jour le 24/05/2011

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Présence de la Marine en Corse

Historique

La première installation d’un centre d’aéronautique de la marine française en Corse remonte à la Première Guerre mondiale. Ce dernier est désaffecté en 1922 et, à la suite d’un rapport du Sénat de 1927, il est décidé en novembre 1932 la construction d’une base d’hydravions sur les terrains d’Aspretto. Les travaux durent de 1933 à 1937 et la BAN est officiellement inaugurée le 5 février 1938.
La base commence son activité avec une section d’hydravions composée d’un CAMS 30 et de 3 Levasseur PL.15. En août 1939, l’escadrille 3S6 compte 3 Gordou Leseurre GL-812, 5 Levasseur PL.15 et 1 Loire 130. Le 27 novembre 1942, la base est évacuée et passe aux mains des Italiens puis est réarmée en septembre 1943 avec 2 Loire 130, puis en décembre avec 12 hydravions Supermarine Walrus SAR de l’escadrille 4S. De juillet à octobre 1944, la flottille 6F est stationnée sur la base et participe à des missions de recherche de mines en août lors du débarquement de Provence. En avril 1946, l’escadrille 4S est remplacée par l’escadrille 20S (composée d’hydravions Dornier Do 24) et qui restera à Aspretto jusqu’à la mise en gardiennage de la BAN et la dissolution concomitante de la 20S en janvier 1950.

La BAN est réarmée en janvier 1955 avec l’arrivée des Grumman TBM Avenger de la flottille 9F en provenance de la BAN Karouba, lesquels resteront sur place jusqu’en octobre 1960. Entre-temps, la Marine nationale, affectataire secondaire du terrain de Campo Dell ‘Oro1 depuis 1945, s’y voit concéder en 1954 une enclave suffisante pour recevoir une formation de l’Aéronautique navale. L’arrivée de l’escadrille 55S en février 1961 va pérenniser pendant 25 ans les missions SAR tout y ajoutant des missions d’intérêt général : surveillance maritime des côtes, liaisons avec desBeechcraft SNB-5 puis des Nord-Aviation N262. Depuis 1985, aucune unité de l’Aéronavale n’a plus été affectée en Corse et la BAN Aspretto est dissoute le 22 septembre 1993.

"La base navale d’ASPRETTO se transforme pour devenir un pôle maritime"

Nous avons néanmoins toujours gardé une composante aéronautique, avec une DZ qui nous permet d’accueillir en simultanée 3 hélicoptères légers et 2 lourds. Mais, le cours des événements est en train de s’accélérer. Aspretto se transforme pour devenir une base interministérielle.

A l’heure actuelle, le site accueille une dizaine d’entités différentes : la Marine, bien sûr, mais aussi le sous-Cross Corse, la Douane, la gendarmerie maritime et la gendarmerie nautique, ainsi que les Affaires maritimes, la société nationale de sauvetage en mer, la direction de la protection et de la sécurité de la Défense et le service de protection des hautes personnalités.

Sans oublier, en été, un échelon du peloton de gendarmerie de haute montagne et des unités de la Sécurité civile mobilisées dans le cadre de la campagne feux de forêts.

Or, les conditions sont désormais réunies pour que se constitue au sein de la base un pôle regroupant tout ce qui relève du domaine maritime en Corse. Ce qui pourrait passer par l’installation à Aspretto, courant 2011, de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), ainsi que des Phares et balises. Le projet est en tout cas sur les rails.

Elle nous permettra de répondre à des missions qui ne cessent d’évoluer. Parallèlement au secours en mer et à la lutte contre la pollution maritime, il y a bien sûr la question des migrations clandestines. Et la Corse sait bien de quoi il s’agit depuis l’exemple du début d’année 2010. En outre, on peut concevoir que nous serons peut-être un jour concernés par le narcotrafic. Actuellement, il se concentre sur une ligne « régulière » entre le Maroc, l’Espagne et, côté français, le secteur de Sète et Perpignan. Les trafiquants utilisent la technique du go fast, avec des bateaux de 11 à 12 mètres de long disposant de grosses réserves de carburant et de 3 ou 4 moteurs hors-bord de 250 cv. Une surveillance accrue peut les conduire à incurver leur route. Et la Corse ne serait alors plus très loin...

Devoir de mémoire

La base navale est gardienne :

- du masque mortuaire du capitaine de vaisseau L’Herminier
- du monument des disparus de la 9F
- de la plaque du bombardement (explosion d’un train de munitions a Ajaccio - 23 février 1945)
- du monument de la disparition de la Marie Mad